Comment les syndicats des eaux réagissent à ces épisodes caniculaires à répétition ? Exemple avec le plus gros syndicat des eaux du Doubs en nombre de communes adhérentes, celui de la Haute-Loue.
« Une de nos principales ressources karstiques située en vallée de la Loue donne habituellement 10 000 m³ par jour. Ces deux dernières semaines, elle était à tout juste 250 m³... Nos ressources karstiques sont en train de se tarir, ce qui n’est heureusement pas encore le cas des nappes phréatiques que nous exploitons également » tempère Philippe Bouquet, le président du syndicat mixte des eaux de la Haute-Loue (S.I.E.H.L.). On l’a vu mi-août avec les premières livraisons d’eau par camions-citernes du côté de Quingey : après plusieurs vagues de canicule, la situation devient critique sur la plupart des secteurs de notre département.

Face à ce constat, et à une situation de pénurie qui se multiplie ces dernières années, le S.I.E.H.L. envisage des solutions. Parmi les pistes récemment confirmées : le projet de création d’un second réservoir d’eau sur le site de Hautepierre-le-Châtelet (commune des Premiers Sapins) pour doubler les capacités de stockage de manière préventive. « Ce site de Hautepierre alimente une grande zone qui s’étend jusqu’au Val de Vennes. Le principe de ce second réservoir est acté, mais il ne sera pas réalisé avant 2029 le temps de mener à bien toutes les études et de boucler un budget d’investissement de l’ordre d’1,8 million d’euros » ajoute le président.
Cet investissement est une solution inévitable pour continuer à assurer une distribution sans risque de coupures. La consommation moyenne depuis ce réservoir de tête de Hautepierre est habituellement de 16 000 à 17 000 m³ par jour, avec une capacité maximale de pompage de 23 000 m³. Mais depuis quelques semaines, avec les besoins agricoles en hausse à cause de la sécheresse, la consommation depuis ce site frôle les 22 000 m³, à la limite du soutenable. « D’où la nécessité que tout le monde fasse des efforts pour limiter la consommation. Aux agriculteurs, je conseille de ne pas attendre que leurs réserves soient vides pour solliciter le réseau, il faut qu’ils équilibrent plus au cours de l'année entre le recours au réseau et leurs cuves de stockage » invite Philippe Bouquet.
Plus qu’un problème de ressources, c’est donc sa capacité d’alimentation que le S.I.E.H.L. prévoit donc d’améliorer. Avec, inexorablement pour absorber un plan d’investissement global de 65 millions d’euros sur 12 ans, la perspective de devoir augmenter le prix de l’eau. « On est actuellement à 3 centimes les 10 litres. Si on devait passer à 4, voire à 5 centimes les 10 litres, ce ne serait quand même pas un sujet dramatique » relativise le président qui est aussi maire de Malbrans.
Malgré ces difficultés, le S.I.E.H.L. reste plutôt bien doté en sources karstiques et en nappes phréatiques. Si bien que de nouvelles communes frappent régulièrement à la porte du syndicat. Ainsi au 1er janvier prochain, trois nouvelles communes rejoindront les 68 autres déjà adhérentes au syndicat : Quingey, Chouzelot et Lavans-Quingey. Il y a quelques mois, c’est la commune des Combes qui a rejoint le S.I.E.H.L. suite à l’interconnexion de son réseau d’eau. Arc-sous-Cicon a également été récemment interconnectée.
