Des bénévoles travaillent à la restauration et à la mise en valeur du site archéologique d’Alaise, petit village situé à proximité de Nans-sous-Sainte-Anne. Ils préparent aussi un grand repas gaulois pour la rentrée.
Une petite montagne au sommet plat et étroit, formant un éperon rocheux d’une longueur de 1 500 mètres qui domine d’un côté par un à-pic de plus de 140 mètres la petite vallée du Lison, et de l’autre qui surmonte des pentes très raides, presque aussi difficilement accessibles. Et partout, des vestiges de huttes et de remparts. Au total, près de 150 traces d’habitat relevées ici depuis les toutes premières fouilles archéologiques au XVIIIème siècle.
Le toponyme Alaise et la présence de centaines de tumulus sur le plateau d’Amancey : les éléments étaient suffisamment nombreux pour développer la thèse crédible selon laquelle le vrai site d’Alésia pourrait bien être ici. Et valut la visite de nombreuses personnalités tout au long du XIXème siècle notamment, jusqu’à celle de Napoléon III en personne, accompagné de Prosper Mérimée. Ces débats ont agité le landerneau des chercheurs pendant plusieurs décennies, certains développant la thèse d’Alaise en tant qu’Alésia, la célèbre bataille qui mit aux prises les troupes de Jules César à celles du Gaulois Vercingétorix. Un architecte et archéologue bisontin, Alphonse Delacroix (dont le buste trône devant la petite église d’Alaise) a été le premier à prendre clairement parti pour cette thèse, suivi depuis par d’autres. Le débat est officiellement tranché et Alise-Sainte-Reine en Bourgogne retenu comme site officiel. Cela n’empêche pas pour autant les autorités culturelles françaises, la D.R.A.C. Bourgogne-Franche-Comté notamment, de continuer à venir discrètement arpenter le site d’Alaise…
Loin de vouloir relancer ce débat séculaire, des bénévoles du secteur ont décidé de redonner à cet éperon d’Alaise la place qu’il mérite en tant que site historique, patrimonial et touristique. Il avait été mis en valeur dès les années cinquante par Louis Courlet, un homme du pays qui a contribué à l’entretien de ce patrimoine historique sur lequel le temps avait fait son œuvre.
Au sein de la commune d’Éternoz à laquelle est rattaché le village d’Alaise, une commission a été créée il y a un an. Baptisée S.M.A.A.P. comme Sauvegarde de la mémoire antique d’Alaise et de son périmètre, elle est composée d’une quinzaine de bénévoles qui ont entamé un ambitieux chantier de remise en valeur de ce site traversé par un chemin de randonnée. “Cette commission n’a pas pour but de relancer le débat autour de la localisation du site d’Alésia, indique Charles Martin, un des principaux animateurs de la commission. Nous nous sommes fixé trois missions prioritaires : recueillir et recenser tous objets ou documents que pourraient détenir les personnes des environs sur ce site, entretenir ce site archéologique, et animer et informer sur notre démarche par des conférences ou des expositions.”
Depuis septembre dernier, ces bénévoles se relaient outils en main pour défricher et mieux sécuriser le site pour qu’il redevienne une destination de découverte accessible à tous.
