Installé en G.A.E.C. avec sa femme Graziella, Nicolas Sachot combine élevage de bovins et de porcs sur son exploitation à Damprichard. Grâce à ce double élevage, l’agriculteur n’a pas besoin d’acheter des engrais minéraux.

En 2024, Nicolas et Graziella Sachot créent leur exploitation, le G.A.E.C. du Vieux Chêne, installé à Damprichard. Le couple prend la suite d’un agriculteur parti à la retraite. La seule condition ? Que la porcherie soit gardée, à côté de l’élevage de vaches laitières. Le G.A.E.C. du Vieux Chêne compte ainsi 300 places d’engraissement pour les porcs et produit 240 000 litres de lait. Un double élevage qui engendre un cercle vertueux. “En deux ans, je n’ai jamais acheté un engrais minéral, explique Nicolas Sachot. L’engrais de porc, bien utilisé et bien valorisé au bon moment pour l’atelier bovins permet d’être autonome à 99 % par rapport aux engrais minéraux.”

Nicolas Sachot, jeune agriculteur, éleveur de porcs et de vaches laitières, installé à Damprichard

Par ailleurs, gérer un atelier de bovins et un atelier de porcs permet aux agriculteurs de sécuriser des revenus, grâce au lait. Aujourd’hui, les producteurs de porcs déplorent un manque de sécurisation de leurs revenus. D’autant plus que pour s’installer, un éleveur de porcs ne bénéficie pas d’aides de la P.A.C. “Le métier plaît tant que ça reste petit en taille. C’est une belle agriculture, on n’est pas dépendant de la météo, tout est planifié à l’avance. Mais il faut que ça reste à taille standard et rémunérateur”, souligne Jean-Michel Guignard, éleveur de porc à Chapelle-d’Huin et président d’Interporc Franche-Comté.

Ce dernier relève également la méconnaissance du métier. “Beaucoup de personnes viennent dans nos élevages et sont surprises : ils nous disent “on ne pensait pas que c’était autant de travail.” “Il faut montrer ce qu’on fait, nous, on ouvre nos portes”, renchérit Yannick Pourchet, éleveur à Maisons-du-Bois-Lièvremont et président de l’I.G.P. Porc de Franche-Comté.

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En filigrane, les agriculteurs pointent les stéréotypes et les a priori négatifs liés aux porcheries. Ils restent encore amers face à l’abandon du projet d’installation d’une porcherie à Larnod. En cause, une fronde populaire et le refus de permis de construire de la mairie. Une pétition avait recueilli 35 000 signatures, la plupart n’émanant pas des habitants du secteur. “On veut manger local, du bon mais on ne veut pas que ce soit à côté de chez soi, c’est comme pour les éoliennes”, observent, agacés, les éleveurs de porcs.

La Franche-Comté compte 183 sites professionnels dont 80 sites sous I.G.P. Le Doubs est le département qui compte le plus de porcheries. La Franche-Comté produit entre 180 000 et 190 000 porcs pour une demande des consommateurs d’environ 400 000 porcs. À l’échelle nationale, la Franche-Comté représente 1 % des porcs en France.